Rubrique

ND. Les Oiseaux
Fondateurs
Congrégation Notre-Dame
Projet Educatif
Le tour de main
Organigramme
Les lieux

L' arbre et ses mystères

Cet article va nous révéler certains mystères des arbres. Il est extrait d'un bulletin de la société Royale Forestière de Belgique et a paru dans la revue de l'Institut Notre-Dame de Jupille, ecole belge dont nous pourrions faire nôtre le slogan "Nos fenêtres s'ouvrent sur un jardin, nos savoirs s'ouvrent sur le monde".

Quel plaisir à l'automne d'admi­rer nos paysages colorés. Devant cette mosaïque nous vient une question : pourquoi les feuilles changent-elles de couleur ?

Quelques scientifiques ont étudié la question. En plus de la chloro­phylle verte, les feuilles des arbres contiennent des pigments jaunes (carotène et xanthophylle) et des pigments rouges (phénos et anthocyanes). Si les feuilles parais­sent vertes, c'est parce que la chlorophylle masque ces pigments jaunes et rouges. Mais avec les premiers froids et la diminution de l'ensoleillement, la chlorophylle commence à se décomposer, suite à une modifica­tion chimique de la sève. Les autres colorants commencent alors à apparaître. L'arbre ne modifie pas uniformément la coloration de toutes ses feuilles et l'on trouve parfois sur une même feuille un mélange de diffé­rentes couleurs. La large gamme de teintes des feuilles est due à des différences d'acidités locales.

Après avoir revêtu leur manteau automnal, les feuilles entament leur lente chute au fil du vent. La chute des feuilles à l'automne, voilà un phénomène auquel nous sommes habitués et qui n'est pas moins intrigant que le précédent. Sous nos latitudes, la baisse de l'intensité lumineuse et de la durée d'éclairement, qui s'accom­pagnent toutes deux de tempéra­tures hivernales basses, interdisent la photosynthèse.

Les feuilles, sièges principaux de la photosynthèse, deviennent alors inutiles. La plante les aban­donne, non sans avoir récupéré le maximum de matières premières utiles. Ainsi, la cellulose et l'ami­don contenus dans les feuilles sont transformés en sucre avant qu'elles ne tombent et sont stoc­kés dans le tronc et les racines. Une couche de cellules se forme alors entre le pétiole de la feuille et la tige ; la feuille ne tient plus que par quelques fibres et vais­seaux. Le vent ou même le poids de la feuille suffit alors à provoquer sa chute, laissant sur la tige une cicatrice caractéristique. Les espèces qui perdent leurs feuilles sont appelées à "feuilles caduques".

Mais tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles ! Les quelques espèces demeurant vertes tout l'hiver poursuivent la photosynthèse au ralenti. C'est le cas de la plupart des conifères mais égale­ment du lierre, du houx, du buis et de quelques autres plantes.

Ces espèces, adaptées aux climats rudes - froids dans les pays nor­diques ou chauds et secs dans les pays méridionaux - conservent une partie de leurs feuilles ou aiguilles pour ne pas devoir consacrer une énergie considé­rable au printemps à en recréer trop de nouvelles. Cette énergie gagnée permet à l'arbre de gran­dir plus vite et de profiter des premiers rayons printaniers du soleil. Le renouvellement s'étale sur une période de deux à dix ans. On parle ici d'espèces à "feuilles persistantes".


Soeur Marie-Claire TIHON