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ND. Les Oiseaux
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Le parc des "Oiseaux"

Un parc au coeur de la ville

On peut ne pas savoir qu'il existe un château à Verneuil car on le connaît aujourd'hui sous le nom d'École Notre-Dame, mais comment pourrait-on ignorer son parc ? Deux rues, la rue du Parc Noir et celle du Parc du Château, rappellent qu'autrefois il s'étendait vers l'ouest jus­qu'aux Bois, Quant à la rue du Parc Blanc, à l'est, elle évoque l'orangerie et le jardin fleuri destiné à charmer les yeux des châ­telaines dont les appartements s'ou­vraient de ce côté.

A l'époque romantique, disons au début du XIXe siècle, on appelait parterre le vaste terrain (6 ha) " dessiné et planté en jardin anglais " et petit parc (8 ha) la par­tie qui comprenait le potager (devenu les Jardins de Verneuil), le verger (actuel Clos du Verger) et la Garenne. Une telle super­ficie, en plein centre, n'avait rien d'éton­nant quand le village était blotti dans la verdure, que Ses vignes couvraient les coteaux et que chaque maison avait son jardinet. Pourtant les choses se gâtèrent à la Révolution quand Madame de Sénozan, sœur de Malesherbes, fit fermer la por­tion de la route de Meulan qui traversait ses terres, ainsi que l'avenue cavalière du château (actuelle rue de l'Abbé Masure), donnant sur la rue des Graviers. Puis les esprits se calmèrent. Des accès furent ouverts dans les murs de clôture et les châtelains prirent plaisir au spectacle qui s'offrait à leur vue. "Le passage des voi­tures [à cheval] et des voyageurs au milieu de la propriété présente un coup d'œil très pittoresque", dit l'inventaire de 1830. Pour gagner le potager, on pouvait, dès le XXVIIIe siècle, emprunter un souterrain qui, un siècle plus tard, s'ornait d'une rocaille, côté parc.

Après le lotissement du domai­ne en 1925 et la vente, en 1929, de la par­tie qui deviendrait l'École Notre-Dame, le parc garda sa position insolite, coupée par la Grande Rue. Par le souterrain, on accé­dait à une petite ferme, établie dans le potager, laquelle fournissait, pendant la guerre, des suppléments appréciables au menu des pensionnaires. En haut de ce même potager, la procession des Rogations et celle des enterrements mon­tant vers le petit cimetière des religieuses, passaient par le fameux tunnel dont l'obs­curité, débouchant sur un jardin lumineux, faisait figure de purgatoire à l'orée du Paradis.

Depuis 1843, le chemin de fer grondait en bas de la propriété, après avoir amputé le parc d'une large bande en bordure de Seine. Cent ans plus tard, la création de la Cité des Cheminots, de l'autre côté du Chemin Vert, fit rêver d'une route allant droit à la gare. Pour éviter qu'elle devînt un coupe-gorge, on la borderait de mai­sons. Puis le projet fut oublié, le parc garda son panorama sur la rive droite et la ville tentaculaire n'empiéta pas sur l'espa­ce vert. Côté est, on songea à une autre expropriation. Une rue, longeant les fenêtres des classes, irait d'une grille à l'autre. Mais la vente du potager, en 1975, et celle du verger, près de dix ans plus tard, écartèrent la menace. Aujourd'hui, dans la même visée écologique que le Parc du Champclos, au même titre que les nou­veaux jardins paysagers créés dans l'ag­glomération, le Parc des Oiseaux assure sa fonction de "poumon vert" et participe excellemment au destin de Verneuil qui se veut "une Ville qui vit au vert".